L’appareil auditif en détail

En quelques années, les appareils auditifs sont devenus des concentrés de haute technologie miniaturisée dans un double objectif : se faire le plus discret possible, sélectionner les sons pour offrir un confort d’écoute optimale, s’adapter au profil auditif, à l’environnement, au mode de vie de chacun pour bénéficier d’une compréhension optimisée. L’audioprothésiste procède à des tests complets dont il déduit des réglages précis pour garantir la performance de l’appareil.

Chaque appareil auditif est constitué de quatre pièces majeures :

  • un microphone qui capte le son et le convertit en signal électrique,
  • ce signal électrique est converti en signal numérique et entre dans le microprocesseur qui à son tour l’analyse, le traite et l’amplifie,
  • un convertisseur numérique-électrique restitue le signal adapté à un écouteur électromagnétique qui convertit le signal électrique en son et le diffuse dans le conduit auditif du sujet vers le tympan,
  • enfin, une pile ou une batterie est indispensable pour alimenter l’appareil.

Toutes les aides auditives quel que soit le modèle ou le type fonctionne de la même façon sous le contrôle aujourd’hui du microprocesseur. C’est le nombre de traitements spécifiques mémorisés dans le microprocesseur qui va différencier les performances et le prix.

Un traitement spécifique est un calcul que fait le microprocesseur à partir d’un algorithme mémorisé développé ou mise au point par des chercheurs en audiologie et en phonétique pour corriger améliorer et répondre aux besoins de l’utilisateur.
 

Les plus courants permettent de :

  • Faciliter la localisation de la parole dans le bruit : elle se fait grâce aux microphones directionnels présents dans toutes les aides auditives sauf dans les intra auriculaires mais dans ce cas le placement de l’appareil en position naturelle dans le conduit auditif externe permet l’économie de la directionnalité récrée artificiellement. Cette directionnalité est pilotée par le microprocesseur auquel on demande l’analyse des différents signaux venant stimulés les microphones : parole bruits et quels types et surtout où ces éléments sont-ils positionnées par rapport à l’utilisateur (devant, derrière, de côté). Des programmes extrêmement complexes font cette analyse en temps réel et donnent la réponse adéquate à l’utilisateur de la meilleure réception possible de la parole.
  • Favoriser l’émergence de la parole dans le bruit : certains éléments indispensables à la compréhension de la parole sont ainsi mémorisés dans le microprocesseur pour être reconnu et traités de façon appropriée aux besoins du client. La reconnaissance de la parole dans les aides auditives est d’une réelle efficacité et donne aux aides auditives le qualificatif d’intelligentes.
  • Réduire le bruit du vent.
  • Réduire les bruits d’impact : couverts, ustensiles de cuisine, chocs d’objets ; les caractéristiques très spécifiques de ces bruits sont mémorisées dans le microprocesseur qui les détecte et les réduits pour les rendre plus ou moins acceptables.
  • Réduire les bruits stables ou mécaniques tel celui d’un moteur.
  • Réduire l’écho ou la réverbération notamment dans les grands espaces des gares des aéroports ou des lieux de culte
  • La compression permet de réduire l’importance de l’amplification en fonction de l’intensité du signal d’entrée ou du signal venant stimuler la membrane du microphone ; on comprend bien que nous n’avons pas besoin de la même correction pour un signal de faible intensité que pour un signal moyen et agréable d’emblée ou un signal très fort ; ce procédé découle directement des gains appliqués par votre audioprothésiste aux sons faibles moyens et forts de votre appareil ; il donne un confort en toutes situations et s’approche du fonctionnement naturel de notre oreille interne ; ce réglage se fait canal par canal d’amplification. Il donnera un son clair et net si la différence de gain faible moyen fort est régulièrement répartie et proche de la dynamique de la parole normale ou un son un peu ouaté calfeutré si les écarts ne sont pas suffisants ou la dynamique de la parole trop réduite. La compression permet de corriger ce paradoxe que ressentent souvent les malentendants : « je n’entends pas les sons faibles mais trop fort les sons forts ».

Tous les appareils disposent de différents programmes de réglages dédiés à diverses situations pour assurer le meilleur confort ; chez certains fabricants, ils se mettent en place automatiquement quand vous êtes dans la situation, pour d’autres ils ne sont accessibles que par une télécommande ou un bouton poussoir sur l’appareil. Vous pouvez ainsi bénéficier de programmes pour le restaurant, le théâtre, le bruit, les conférences les réunions la musique en fonction de vos besoins.

La communication inter appareil : elle améliore considérablement la qualité de la correction et influence positivement tous les réglages dont venons de parler ; les appareils se parlent entre eux échangent des informations notamment de parole de bruit avec toujours cet objectif de favoriser l’émergence de la parole ; le bruit sera plus fort à droite, il sera plus diminué de ce côté et la parole sera renforcée de l’autre. Vous pouvez aussi ajuster le volume de vos aides auditives en actionnant un des deux appareils qui adresse la même commande à l’autre. Cette communication entre les deux appareils a considérablement amélioré l’analyse de l’espace sonore dans lequel se situe l’utilisateur avec toujours pour objectif essentiel la captation de la parole pour la rendre plus intelligible en fonction des divers environnements de vie.

Les aides auditives aujourd’hui communiquent également avec tous les appareils multimédia du marché : téléphone fixe ou portable, télévision, ordinateur, tablettes… Un adaptateur Bluetooth est nécessaire : simple d’utilisation, il assure un confort de réception parfois supérieure au bien entendant notamment dans les situations de bruit : en effet cet adaptateur réduit automatiquement par exemple le bruit de la rue et vous permet de converser au téléphone en recevant votre interlocuteur dans vos deux aides auditives ce que ne peut faire le bien entendant qui doit se boucher l’oreilles qu’il n’utilise pas pour le téléphone afin de minimiser l’impact du bruit ambiant sur sa compréhension.
 

En parler à un audioprothésiste pour une adaptation optimale

D’autres caractéristiques existent encore dont saura vous parler le professionnel auquel vous vous adressez s’il les jugent digne d’intérêt pour votre confort.

Tous ces réglages sont accessibles à un audioprothésiste, d’où la nécessité de bien formuler vos attentes de bien décrire votre rythme de vie pour qu’il les ajuste au mieux. Ils existent chez tous les fabricants et vous les retrouverez avec des appellations différentes. Ils ont bien pour objectif d’optimiser votre confort.
 

S’adapter à un nouveau contexte auditif

Une bonne audition est associée à une réalité technologique en laquelle vous pouvez avoir toute confiance. Demeure une dernière étape essentielle sans laquelle toute cette sophistication sera réduite à peu de chose, c’est-à-dire la nécessaire adaptation à votre nouvelle audition. Vous devez réapprendre à écouter à travers deux aides auditives qui corrigent votre perception et donc la modifie. Cette adaptation est indispensable à la réussite de votre appareillage. Son temps est directement lié à la longueur de votre période d’attente avant d’effectuer la démarche.

La clé de la réussite est dans cette capacité que vous allez démontrer à vous concentrer sur ce que vous voulez entendre et à repousser ce que vous ne souhaitez pas entendre ; capacité à mobiliser votre attention votre énergie dans le calme mais aussi et surtout dans le bruit. Rappelez-vous ce n’est pas l’aide auditive qui fait cela mais vous qui le commandez à votre cerveau.

Toute cette technologie de pointe est logée dans une coque plus ou moins importante en fonction du type d’appareil.
 

Il existe quatre grandes familles d’appareils auditifs
qui se distinguent par leur façon d’être portés :
à l’extérieur ou à l’intérieur des oreilles.


1-Le contour d’oreille

Appareil le plus familier (il représente environ 60% des appareillages) et le plus repérable puisqu’il se place derrière le pavillon de l’oreilles, il est équipé d’un embout réalisé sur mesure —avec une prise d’empreinte—, l’ensemble relié par un tube en plastique transparent de quelques centimètres. Peu discret, la miniaturisation permet néanmoins de créer des appareils plus petits que par le passé.

Pour qui ?

Idéal pour tous les types de pertes auditives dont les plus sévères. Il est aussi préféré par les personnes âgées car plus facile à manipuler. 

Les plus

Bonne qualité sonore
Peu sensible au cérumen
Manipulation relativement facile
Robustesse et longévité

Les moins

Esthétique visible


2-Le contour d’oreille avec embout ouvert ou « open fitting »

Evolution du contour d’oreille classique, ce type d’appareil dispose d’un petit boîtier placé derrière le pavillon et d’un écouteur placé dans le conduit auditif externe ; munie d’un tube très fin, il est protégé par un embout invisible terminé par des ailettes souples ; ce système n’obstrue pas le conduit et laisse la place à une part d’audition naturelle. L’open fitting aligne donc deux sources auditives complémentaires : l’audition naturelle et l’amplification.

Pour qui ?

Pour les personnes qui ont une perte auditive légère et moyenne.

Les plus

Embout universel : ne nécessite pas de prise d’empreinte du conduit auditif
Sensation auditive agréable
Confortable
Adaptation aisée et minimale
Manipulation et entretien simples
Réduction de l’effet Larsen du fait de l’éloignement du micro et de l’écouteur

Les moins

Réservé aux faibles ou moyennes pertes d’audition


3-L’intra-auriculaire

Cet appareil minuscule est réalisé sur mesure à partir d’un moulage de l’oreille pour être logé dans la conque du pavillon (on l’appelle alors intra-conque) ou dans le conduit auditif (intra-conduit). Glissé dans l’oreille —un petit fil de Nylon permet son extraction—, il offre une qualité d’audition efficace.

Pour qui ?

L’intra-auriculaire ne convient pas aux personnes touchées par une perte d’audition conséquente, il est par contre adapté aux plus jeunes et aux individus actifs.

Les plus

Ergonomie
Esthétique très discrète
Bonne fidélité acoustique avec un écouteur proche du tympan

Les moins

Adaptation qui nécessite un délai
Délicat à manipuler
Exige un entretien minutieux
Risques de sensation d’auto résonance : l’appareil venant modifier la résonance naturelle du conduit auditif, sensation non modifiable


4-L’intra-auriculaire profond (encore peu développé)

Appelé aussi intra-canal, cet appareil est ultra miniaturisé et se dissimule à l’intérieur du conduit auditif, près du tympan, le rendant quasi invisible.

Pour qui ?

Les personnes atteintes d’une baisse d’audition légère ou moyenne, et à condition de ne pas avoir un conduit auditif trop étroit et de ne pas secréter trop de cérumen.

Les plus

Ergonomie
Discrétion absolue
Très bonne acoustique

Les moins

Sensation d’oreille bouchée au début de l’adaptation et inévitable
Adaptation qui nécessite un délai
Délicat à manipuler
Le coût


La prise en charge

Le prix d’un appareil varie entre 700 et 2 000 €.

Pour un adulte (plus de 20 ans), la Sécurité Sociale rembourse :

  • 119,83 € pour un appareil mono,
  • 239,66 € pour un appareil stéréo.

La prise en charge de la mutuelle s’élève, quant à elle, en moyenne à 600 €.

Pour les personnes bénéficiant de la CMU :

L'audioprothésiste est tenu de proposer, par prothèse auditive, un équipement d'un prix maximal de 700 euros. Dans ce cas, il n’y a pas de reste à charge.

  • Appareil mono : 199,71 € (CMU de base - Tarif de responsabilité) + 500,29 € de prise en charge par la CMU complémentaire (renouvellement tous les quatre ans)
  • Appareil stéréo : 399,42 € (CMU de base - Tarif de responsabilité) + 1000,58 € de prise en charge par la CMU complémentaire
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